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Arythmie cardiaque

Arythmie cardiaque

Arythmie cardiaque

Une arythmie est un trouble du rythme cardiaque : le cœur bat trop vite, trop lentement ou de façon irrégulière. Le terme recouvre des situations opposées, des extrasystoles parfaitement bénignes aux troubles du rythme ventriculaire qui engagent le pronostic vital en quelques minutes.

La plus fréquente des arythmies durables est la fibrillation auriculaire. Son danger ne vient pas du rythme lui-même mais de sa conséquence : le sang stagne dans l’oreillette, un caillot s’y forme et peut migrer vers le cerveau. Elle multiplie par cinq le risque d’accident vasculaire cérébral.

Deux messages structurent cette page. La fibrillation auriculaire est souvent totalement silencieuse, et l’accident vasculaire cérébral en constitue parfois la première manifestation. Et sa prévention repose sur un anticoagulant, non sur l’aspirine — une confusion encore répandue qui laisse des patients insuffisamment protégés. Cette page décrit les mécanismes, les signes et les principes de prise en charge à titre informatif ; elle ne remplace ni un diagnostic ni un avis médical.

Arythmie cardiaque : information éducative, ne constitue pas un avis médical

Comment le cœur règle son rythme

Le cœur possède son propre système électrique. Un groupe de cellules situé dans l’oreillette droite, le nœud sinusal, émet spontanément une impulsion soixante à cent fois par minute. Ce signal se propage aux oreillettes, franchit un relais — le nœud auriculo-ventriculaire — puis gagne les ventricules par un réseau de conduction rapide.

Cette organisation garantit que les oreillettes se contractent avant les ventricules, ce qui optimise le remplissage. Une arythmie survient lorsque l’impulsion naît ailleurs, circule en boucle, ou rencontre un obstacle sur son trajet.

Les principales formes

Les extrasystoles sont des battements prématurés isolés. Elles donnent la sensation d’un raté ou d’un coup dans la poitrine et sont extrêmement fréquentes, y compris chez des personnes en parfaite santé. Elles sont bénignes dans l’immense majorité des cas.

La fibrillation auriculaire correspond à une activité électrique anarchique des oreillettes, qui cessent de se contracter efficacement et vibrent au lieu de battre. Le pouls devient totalement irrégulier. C’est l’arythmie durable la plus fréquente, et sa gravité tient au risque de caillot.

Les tachycardies jonctionnelles se manifestent par des accès de palpitations rapides et régulières débutant et cessant brutalement, souvent chez des sujets jeunes. Elles sont impressionnantes mais rarement dangereuses.

Les bradycardies et blocs de conduction traduisent un ralentissement excessif ou une interruption du signal. Elles provoquent fatigue, malaises et parfois pertes de connaissance, et relèvent d’un stimulateur cardiaque.

Les troubles du rythme ventriculaire naissent dans les ventricules. La fibrillation ventriculaire provoque un arrêt circulatoire immédiat et constitue la cause principale de mort subite.

Pourquoi la fibrillation auriculaire provoque des accidents vasculaires cérébraux

Lorsque les oreillettes ne se contractent plus, le sang stagne dans un petit cul-de-sac appelé auricule gauche. La stase favorise la coagulation et un caillot s’y forme. S’il se détache, il gagne l’aorte puis, très souvent, les artères du cerveau.

Ce mécanisme est différent de celui de l’athérosclérose, où le caillot se forme sur une plaque rompue. Il est aussi distinct de la thrombose veineuse des jambes. Cette différence de mécanisme explique que la prévention repose sur des médicaments différents, et notamment pas sur l’aspirine.

Causes

Une arythmie résulte soit d’une anomalie du tissu cardiaque lui-même, soit d’une perturbation extérieure agissant sur un cœur normal. Cette distinction est importante en pratique : plusieurs causes sont entièrement réversibles, et leur correction fait disparaître le trouble du rythme.

  • Vieillissement et fibrose du tissu cardiaque:

    Avec l’âge, du tissu fibreux remplace progressivement des cellules musculaires et perturbe la propagation du signal électrique. C’est le mécanisme dominant de la fibrillation auriculaire, dont la fréquence augmente fortement après 65 ans.

  • Hypertension artérielle: L’hypertension artérielle oblige le cœur à travailler contre une résistance accrue. L’oreillette gauche se dilate, ce qui crée le substrat de la fibrillation auriculaire. C’est la cause la plus fréquente et la plus évitable.
  • Excès d’hormones thyroïdiennes: L’hyperthyroïdie accélère le rythme et peut déclencher une fibrillation auriculaire, parfois comme seule manifestation. C’est une cause entièrement curable, ce qui justifie de doser la TSH devant toute arythmie récente.
  • Alcool: Effet direct et dose-dépendant sur le tissu auriculaire, souvent sous-estimé. Un épisode de consommation importante peut déclencher une fibrillation chez un sujet sain — phénomène décrit sous le nom de cœur des jours de fête. L’alcoolisme chronique entretient les récidives, et la réduction de la consommation diminue mesurablement leur fréquence.
  • Apnées du sommeil:

    Cause majeure et fréquemment méconnue. Les arrêts respiratoires nocturnes provoquent des variations de pression et une hypoxie qui irritent les oreillettes. Leur traitement réduit nettement les récidives de fibrillation, y compris après ablation.

  • Maladie cardiaque sous-jacente: Séquelle d’infarctus, atteinte des valves ou insuffisance cardiaque modifient la structure du muscle et créent des circuits électriques anormaux. Ces maladies cardiaques expliquent la plupart des arythmies ventriculaires graves.
  • Troubles ioniques et médicaments:

    Un déficit en potassium ou en magnésium, ainsi que certains médicaments allongeant l’intervalle QT, favorisent des arythmies parfois sévères. Toute nouvelle prescription doit être signalée en cas d’antécédent rythmique.

Facteurs de risque

Ces éléments augmentent la probabilité de développer une arythmie ou d’en subir les complications. Plusieurs sont modifiables, ce qui explique l’efficacité d’une prise en charge globale au-delà du seul traitement du rythme.

  • Âge:

    Facteur le plus déterminant pour la fibrillation auriculaire. Sa fréquence double environ par décennie après 60 ans, indépendamment des autres facteurs.

  • Hypertension et diabète: L’hypertension et le diabète sucré remodèlent progressivement le muscle cardiaque. Le contrôle de la pression artérielle réduit à la fois le risque d’arythmie et celui d’accident vasculaire cérébral.
  • Surpoids et sédentarité:

    L’obésité augmente nettement le risque de fibrillation auriculaire. Fait notable, une perte de poids significative réduit la fréquence et la durée des épisodes, au point d’être considérée comme un traitement à part entière.

  • Consommation d’alcool et de stimulants:

    Alcool, boissons énergisantes et excès de caféine peuvent déclencher des épisodes chez des personnes prédisposées. Le rôle de l’alcool est le mieux documenté et le plus fortement dose-dépendant.

  • Sport d’endurance très intensif:

    Paradoxe bien décrit : la pratique intensive et prolongée d’endurance, sur de nombreuses années, augmente légèrement le risque de fibrillation auriculaire. Cela ne concerne pas l’activité physique modérée, qui reste protectrice.

  • Insuffisance rénale: La maladie rénale favorise les troubles ioniques et modifie l’élimination des anticoagulants, ce qui complique la prise en charge et impose une adaptation des doses.
  • Antécédents familiaux:

    Certaines arythmies, en particulier celles survenant chez le sujet jeune, ont une origine génétique. Une mort subite avant 50 ans dans la famille justifie un dépistage des apparentés.

Principaux symptômes

Les manifestations sont très variables et ne renseignent pas sur la gravité. Une extrasystole bénigne peut être ressentie de façon très désagréable, tandis qu’une fibrillation auriculaire dangereuse passe souvent totalement inaperçue. C’est précisément cette dissociation qui rend le dépistage nécessaire.

  • Palpitations:

    Perception anormale des battements : cœur qui s’emballe, tape fort ou semble sauter un battement. Leur caractère régulier ou irrégulier, leur début brutal ou progressif orientent le diagnostic et méritent d’être décrits précisément au médecin.

  • Sensation de raté ou de coup dans la poitrine:

    Traduction habituelle des extrasystoles. Le battement prématuré est peu perçu, mais la pause qui suit permet au cœur de se remplir davantage, et le battement suivant est plus puissant. C’est ce battement renforcé qui est ressenti, non l’extrasystole elle-même.

  • Absence totale de symptôme:

    Situation fréquente et la plus problématique. Une part importante des fibrillations auriculaires est découverte fortuitement lors d’une prise de pouls ou d’un électrocardiogramme réalisé pour un autre motif — parfois seulement après un accident vasculaire cérébral.

  • Essoufflement et fatigue inhabituelle:

    Un cœur qui bat trop vite ou de façon inefficace assure un débit insuffisant. La baisse de tolérance à l’effort constitue souvent le seul signe chez la personne âgée.

  • Malaise ou perte de connaissance:

    Une syncope traduit une interruption transitoire du débit cérébral. Elle est particulièrement préoccupante lorsqu’elle survient à l’effort ou sans aucun signe annonciateur.

  • Anxiété accompagnant les palpitations: Les palpitations génèrent de l’angoisse, qui les majore en retour. Un trouble panique peut par ailleurs produire exactement les mêmes sensations : seul un enregistrement du rythme pendant la crise permet de trancher, et les traitements de l’anxiété ne s’envisagent qu’une fois la cause cardiaque écartée.

Signes d’alerte

Certaines situations imposent un appel immédiat au 15. La règle la plus utile à retenir : ce sont les signes accompagnant les palpitations, bien plus que les palpitations elles-mêmes, qui déterminent l’urgence.

  • Perte de connaissance brutale:

    Une syncope sans prodrome, ou survenant pendant un effort, évoque un trouble du rythme grave et impose un bilan cardiologique en urgence. Elle ne doit jamais être attribuée à un simple malaise vagal sans exploration.

  • Palpitations avec douleur thoracique ou essoufflement:

    L’association d’un trouble du rythme et de signes d’ischémie ou de défaillance cardiaque justifie un appel au 15 sans attendre.

  • Signes d’accident vasculaire cérébral:

    Déformation du visage, faiblesse d’un bras, trouble de la parole : appelez le 15 en notant l’heure de début. Chez une personne en fibrillation auriculaire, ce risque est la première préoccupation.

  • Pouls très lent avec malaises:

    Une fréquence inférieure à quarante battements par minute accompagnée de vertiges ou de chutes évoque un bloc de conduction et peut nécessiter un stimulateur cardiaque en urgence.

  • Palpitations très rapides et prolongées:

    Un rythme rapide persistant au-delà de quelques dizaines de minutes, surtout s’il s’accompagne d’un malaise, justifie un avis médical immédiat.

  • Antécédent familial de mort subite:

    Des palpitations ou une syncope chez une personne dont un proche est décédé subitement avant 50 ans imposent un bilan spécialisé, à la recherche d’une maladie rythmique héréditaire.

Processus de diagnostic

Toute la difficulté du diagnostic tient à l’intermittence : l’arythmie doit être enregistrée au moment où elle survient. Un électrocardiogramme normal en consultation n’élimine donc rien si les symptômes sont épisodiques, et la démarche consiste à allonger la durée d’enregistrement jusqu’à capter un épisode.

  • Prise du pouls:

    Geste simple et sous-utilisé. Un pouls totalement irrégulier, sans aucune régularité perceptible, évoque fortement une fibrillation auriculaire. Cette vérification lors de toute consultation après 65 ans permet de dépister des formes silencieuses.

  • Électrocardiogramme:

    Examen de référence lorsqu’il est réalisé pendant l’épisode. Il identifie précisément le type d’arythmie. En dehors des crises, il peut être strictement normal, ce qui n’exclut nullement le diagnostic.

  • Holter rythmique:

    Enregistrement continu sur vingt-quatre heures à plusieurs jours. Pour les épisodes rares, des dispositifs de longue durée, voire un moniteur implanté sous la peau, permettent une surveillance de plusieurs mois.

  • Montres connectées et objets de mesure:

    Les dispositifs grand public détectent aujourd’hui des fibrillations auriculaires avec une fiabilité correcte. Une alerte constitue un motif légitime de consultation, mais ne remplace pas un électrocardiogramme médical, seul examen permettant de poser le diagnostic.

  • Bilan biologique:

    Dosage de la TSH pour rechercher une hyperthyroïdie, ionogramme à la recherche d’un déficit en potassium ou en magnésium, numération et fonction rénale. Ces examens identifient des causes réversibles et conditionnent le choix des traitements.

  • Échocardiographie:

    Elle recherche une maladie cardiaque sous-jacente, mesure la taille de l’oreillette gauche et évalue les valves. Ces éléments orientent la stratégie et estiment les chances de maintenir un rythme normal.

  • Recherche d’apnées du sommeil:

    Justifiée devant une fibrillation auriculaire récidivante, en particulier en cas de surpoids ou de ronflements. Leur traitement améliore nettement les résultats des autres thérapeutiques.

  • Épreuve d’effort:

    Utile lorsque les symptômes surviennent à l’effort, situation qui doit toujours faire suspecter une origine cardiaque sérieuse.

Options de traitement

Le traitement poursuit deux objectifs distincts qu’il ne faut pas confondre : prévenir l’accident vasculaire cérébral, et contrôler le rythme ou la fréquence. Le premier est prioritaire et indépendant du second — un patient dont le rythme redevient normal reste souvent anticoagulé. Les modalités relèvent d’une prescription cardiologique individuelle.

  • Anticoagulation : la priorité absolue: Dans la fibrillation auriculaire, la prévention de l’accident vasculaire cérébral repose sur un anticoagulant, prescrit selon un score de risque tenant compte de l’âge, du sexe, de l’hypertension, du diabète et des antécédents. L’aspirine n’a pratiquement aucune efficacité dans cette indication : la confondre avec un anticoagulant laisse le patient exposé tout en lui donnant un faux sentiment de protection.
  • Contrôle de la fréquence: Des médicaments ralentissent la conduction vers les ventricules sans corriger l’arythmie elle-même. Ces médicaments cardiovasculaires suffisent souvent chez les patients peu symptomatiques ou âgés.
  • Contrôle du rythme:

    Il vise à restaurer et maintenir un rythme normal, par médicaments antiarythmiques ou par choc électrique externe réalisé sous anesthésie brève. Cette stratégie est privilégiée chez les patients jeunes, symptomatiques ou en cas de fibrillation récente.

  • Ablation par cathéter:

    Une sonde introduite jusqu’au cœur détruit les zones à l’origine de l’arythmie, le plus souvent autour des veines pulmonaires. Ses résultats sont bons, surtout lorsqu’elle est réalisée précocement, avant que l’oreillette ne se soit trop remodelée.

  • Stimulateur cardiaque et défibrillateur implantable:

    Le stimulateur corrige les rythmes trop lents. Le défibrillateur implantable détecte et interrompt les arythmies ventriculaires graves : il est indiqué chez les patients à haut risque de mort subite.

  • Correction des causes réversibles:

    Traiter une hyperthyroïdie, contrôler la tension, réduire l’alcool, perdre du poids et prendre en charge des apnées du sommeil réduisent nettement les récidives. Cette approche améliore les résultats de l’ablation et des médicaments.

Mesures immédiates

Ces mesures s’appliquent lors d’un épisode. Le point essentiel est de distinguer ce qui relève de l’attente et ce qui impose d’appeler les secours.

  • Appeler le 15 devant les signes d’alerte:

    Malaise, perte de connaissance, douleur thoracique ou essoufflement accompagnant les palpitations : appelez immédiatement. Des palpitations isolées et bien tolérées relèvent d’une consultation, non des urgences.

  • Prendre son pouls et le noter:

    Compter les battements pendant une minute et noter s’ils sont réguliers ou non, ainsi que l’heure de début et la durée. Cette information est précieuse et souvent la seule disponible si l’épisode a cessé avant la consultation.

  • Manœuvres vagales pour les tachycardies régulières:

    Dans les accès de tachycardie jonctionnelle, souffler fortement bouche fermée ou appliquer du froid sur le visage peut interrompre la crise. Ces manœuvres doivent avoir été expliquées au préalable par un médecin et ne s’appliquent pas à la fibrillation auriculaire.

  • Ne pas interrompre son anticoagulant:

    L’arrêt, même de quelques jours, expose immédiatement au risque d’accident vasculaire cérébral. Toute interruption, y compris avant un soin dentaire ou une chirurgie, se décide avec le médecin.

  • Éviter les déclencheurs identifiés:

    Alcool, boissons énergisantes, excès de caféine et manque de sommeil précipitent les épisodes chez de nombreux patients. Tenir un carnet aide à repérer ses propres déclencheurs.

Stratégies de réduction des risques

La prévention des arythmies rejoint largement celle des maladies cardiovasculaires, avec quelques spécificités. Un fait mérite d’être souligné : la fibrillation auriculaire est l’une des rares arythmies dont la fréquence diminue réellement lorsque les facteurs favorisants sont corrigés.

  • Contrôler la tension artérielle:

    L’hypertension est la cause la plus fréquente et la plus évitable de fibrillation auriculaire. Son contrôle prévient la dilatation de l’oreillette gauche, qui constitue le terrain de l’arythmie.

  • Réduire la consommation d’alcool:

    L’effet est direct, dose-dépendant et rapidement réversible. Des essais ont montré qu’une réduction significative de la consommation diminuait mesurablement la fréquence et la durée des épisodes chez les patients concernés.

  • Perdre du poids en cas de surpoids:

    Une perte de poids substantielle réduit nettement la charge en fibrillation auriculaire. Cet effet est suffisamment marqué pour que la prise en charge du poids soit considérée comme un traitement, au même titre que les médicaments.

  • Dépister et traiter les apnées du sommeil:

    Cause majeure et fréquemment méconnue. Leur traitement réduit les récidives et améliore les résultats de l’ablation. Ronflements, somnolence diurne et pauses respiratoires signalées par l’entourage justifient un dépistage.

  • Activité physique modérée et régulière:

    Elle protège du risque cardiovasculaire global. Seule la pratique d’endurance très intensive et prolongée sur de nombreuses années augmente légèrement le risque de fibrillation, ce qui ne concerne pas l’activité recommandée à la population générale.

  • Prendre le pouls après 65 ans:

    Geste simple qui permet de dépister une fibrillation auriculaire silencieuse. Un pouls totalement irrégulier justifie un électrocardiogramme, et cette vérification peut éviter un accident vasculaire cérébral.

Possibilités de prévention

Chez une personne déjà diagnostiquée, la prévention vise essentiellement à éviter l’accident vasculaire cérébral et les récidives. C’est ici que l’observance joue le rôle le plus décisif.

  • Poursuivre l’anticoagulant sans interruption:

    La protection cesse en quelques jours après l’arrêt. Le retour à un rythme normal, spontané ou après ablation, ne signifie pas que l’anticoagulant devient inutile : la décision de l’interrompre revient exclusivement au cardiologue.

  • Surveiller la fonction rénale:

    Elle conditionne l’élimination de plusieurs anticoagulants et donc leur dose. Un contrôle régulier fait partie du suivi, en particulier chez la personne âgée.

  • Signaler tout saignement inhabituel:

    Saignements de nez prolongés, gencives, urines ou selles noires doivent être signalés rapidement. Ils ne justifient pas un arrêt spontané du traitement mais une réévaluation médicale.

  • Traiter les causes favorisantes dans la durée:

    Hypertension, apnées du sommeil, surpoids et consommation d’alcool doivent être suivis au long cours. Négliger ces facteurs après une ablation expose à une récidive dans les mois qui suivent.

Non, et c’est une confusion aux conséquences graves. L’aspirine empêche les plaquettes de s’agréger, mécanisme utile sur une plaque d’athérome rompue. Or le caillot de la fibrillation auriculaire se forme différemment, par stagnation du sang dans l’oreillette, et fait intervenir d’autres facteurs de la coagulation. Seuls les anticoagulants sont efficaces dans cette indication ; l’aspirine y apporte une protection quasi nulle tout en donnant une fausse impression de sécurité.

Le plus souvent non. La majorité correspond à des extrasystoles bénignes, très fréquentes y compris chez des personnes en parfaite santé. Ce qui détermine la gravité, ce sont les signes associés : un malaise, une perte de connaissance, une douleur thoracique ou un essoufflement accompagnant les palpitations imposent un avis urgent. Des palpitations isolées et bien tolérées relèvent d’une consultation programmée.

Parce qu’une extrasystole survient trop tôt, alors que le cœur est encore peu rempli : ce battement prématuré est donc peu perçu. La pause qui suit permet un remplissage plus important, et le battement suivant est nettement plus puissant. C’est ce battement renforcé qui donne la sensation d’un coup dans la poitrine après un raté.

Oui, et c’est fréquent. Une part importante des fibrillations auriculaires est totalement silencieuse et découverte fortuitement — parfois seulement lors d’un accident vasculaire cérébral. C’est la raison pour laquelle la prise du pouls après 65 ans est recommandée : un pouls totalement irrégulier justifie un électrocardiogramme.

Oui, l’effet est direct et dose-dépendant. Un épisode de consommation importante peut déclencher une fibrillation auriculaire chez une personne au cœur sain. Chez les patients déjà atteints, des essais ont montré qu’une réduction significative de la consommation diminuait mesurablement la fréquence et la durée des épisodes. C’est l’un des facteurs modifiables les plus efficaces.

Consulter, sans paniquer. Ces dispositifs détectent les irrégularités du rythme avec une fiabilité correcte, mais produisent aussi des fausses alertes. Le diagnostic ne peut être posé que sur un électrocardiogramme médical. Une alerte constitue un motif légitime de consultation, surtout après 65 ans ou en présence de facteurs de risque.

Pas automatiquement. La décision dépend du niveau de risque d’accident vasculaire cérébral, évalué par un score, et non du résultat de l’ablation. Beaucoup de patients conservent leur anticoagulant malgré un rythme redevenu normal, car des épisodes silencieux peuvent persister. Cette décision revient exclusivement au cardiologue.

Un tracé né d’une machine de deux cents kilos : Willem Einthoven met au point le premier électrocardiographe en 1901. L’appareil occupait deux pièces et nécessitait que le patient plonge ses membres dans des seaux d’eau salée servant d’électrodes. Les lettres P, Q, R, S et T qu’il choisit pour désigner les ondes du tracé sont toujours utilisées aujourd’hui, plus d’un siècle plus tard. Il reçoit le prix Nobel en 1924.

Le cœur des jours de fête : décrit en 1978 sous le nom de holiday heart syndrome, ce phénomène désigne la survenue d’une fibrillation auriculaire après un épisode de consommation importante d’alcool, chez des personnes sans maladie cardiaque. Les médecins américains l’avaient repéré par une augmentation des admissions après les week-ends et les fêtes de fin d’année. Il a établi le rôle causal direct de l’alcool sur le tissu auriculaire.

Un cul-de-sac responsable de la plupart des caillots : dans la fibrillation auriculaire, plus de neuf caillots sur dix se forment dans l’auricule gauche, petite excroissance en forme de doigt de gant appendue à l’oreillette. Sa forme irrégulière favorise la stagnation du sang. Chez les patients ne pouvant recevoir d’anticoagulants, il est aujourd’hui possible de fermer cette cavité par un dispositif introduit par voie veineuse.

Le dépistage par les objets connectés : de vastes études ont montré que les montres et bracelets grand public détectent des fibrillations auriculaires jusque-là inconnues chez une proportion notable de porteurs. Cette évolution soulève une question nouvelle : celle de la conduite à tenir devant des épisodes très brefs, dont la signification clinique et la nécessité d’anticoaguler font encore l’objet de recherches.

Idées reçues persistantes : l’aspirine ne remplace pas un anticoagulant ; des palpitations ressenties ne signifient pas une maladie grave ; l’absence de symptôme n’exclut pas une fibrillation auriculaire ; et un rythme redevenu normal ne justifie pas d’arrêter seul son traitement.

Une arythmie est un trouble du rythme cardiaque dont la gravité varie considérablement, des extrasystoles bénignes aux troubles ventriculaires responsables de mort subite. L’intensité des sensations ne renseigne pas sur le danger : ce sont les signes associés — malaise, syncope, douleur thoracique, essoufflement — qui déterminent l’urgence.

La fibrillation auriculaire, la plus fréquente des arythmies durables, est souvent totalement silencieuse. Son risque principal est l’accident vasculaire cérébral, par formation d’un caillot dans une oreillette qui ne se contracte plus. Sa prévention repose sur un anticoagulant : l’aspirine n’a pratiquement aucune efficacité dans cette indication.

Plusieurs causes sont entièrement réversibles — hyperthyroïdie, hypertension, alcool, surpoids, apnées du sommeil — et leur correction diminue mesurablement les récidives. Enfin, prendre son pouls après 65 ans reste un geste simple capable de révéler une fibrillation silencieuse avant qu’elle ne se manifeste par un accident.

  1. Société Française de Cardiologie (SFC). Recommandations sur les troubles du rythme et la fibrillation atriale. https://sfcardio.fr/
  2. Van Gelder IC, Rienstra M, Bunting KV, et al. ESC Guidelines for the management of atrial fibrillation. European Heart Journal. https://www.escardio.org/
  3. Voskoboinik A, Kalman JM, De Silva A, et al. Alcohol abstinence in drinkers with atrial fibrillation. New England Journal of Medicine. 2020. https://www.nejm.org/
  4. Haute Autorité de santé (HAS). Fibrillation atriale : guide du parcours de soins et bon usage des anticoagulants. https://www.has-sante.fr/
  5. Assurance Maladie. Fibrillation auriculaire et troubles du rythme : symptômes et traitement. https://www.ameli.fr/

Clause de non-responsabilité : Les informations fournies sur ce site sont destinées uniquement à des fins d’information et ne constituent pas un avis médical. Elles ne remplacent pas une consultation médicale professionnelle, un diagnostic ou un traitement. N’interrompez jamais seul un traitement anticoagulant et ne le remplacez pas par de l’aspirine. Devant un malaise, une perte de connaissance ou des palpitations avec douleur thoracique, appelez le 15.

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