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Athérosclérose

Athérosclérose

Athérosclérose

L’athérosclérose est une maladie inflammatoire chronique de la paroi des artères. Du cholestérol s’infiltre dans cette paroi, y déclenche une réaction inflammatoire et forme peu à peu une plaque. Le processus débute dès l’adolescence et progresse silencieusement pendant des décennies.

Elle est à l’origine de la majorité des infarctus, des accidents vasculaires cérébraux et de l’artérite des membres inférieurs. Autrement dit, ces maladies apparemment distinctes partagent une même cause et une même prévention.

Deux notions méritent d’être posées d’emblée, car elles contredisent l’image courante. L’athérosclérose n’est pas un dépôt de graisse à l’intérieur du tuyau : c’est une inflammation dans l’épaisseur de la paroi. Et ce n’est pas la plaque la plus volumineuse qui provoque l’infarctus, mais la plus fragile — souvent une plaque modeste, invisible aux examens de routine. Cette page décrit les mécanismes, les signes et les principes de prise en charge à titre informatif ; elle ne remplace ni un diagnostic ni un avis médical.

Athérosclérose : information éducative, ne constitue pas un avis médical

Qu’est-ce que l’athérosclérose ?

Une artère comporte trois couches. La plus interne, l’intima, est tapissée d’une fine pellicule de cellules, l’endothélium, qui sépare le sang de la paroi et régule son fonctionnement.

Lorsque le cholestérol LDL circule en excès, il traverse cet endothélium et s’accumule dans l’intima. Il s’y oxyde, ce qui alerte le système immunitaire : des globules blancs viennent l’absorber, se gorgent de graisse et finissent par mourir sur place. Leurs débris constituent un cœur lipidique, isolé du sang par une chape de tissu fibreux. C’est cet ensemble que l’on appelle une plaque d’athérome.

Le point essentiel est que tout se déroule dans la paroi, et non à sa surface. La comparaison avec un tuyau qui s’entartre est trompeuse : il ne s’agit pas d’un dépôt que l’on pourrait racler, mais d’une lésion inflammatoire évolutive du tissu lui-même.

Pourquoi la plus grosse plaque n’est pas la plus dangereuse

Une plaque peut évoluer de deux façons. Certaines s’épaississent lentement, se calcifient et rétrécissent progressivement le calibre de l’artère. Elles provoquent des symptômes à l’effort — douleur thoracique, crampe du mollet à la marche — mais restent stables.

D’autres restent peu volumineuses tout en développant un large cœur lipidique sous une chape fibreuse mince. Ces plaques dites vulnérables peuvent se rompre brutalement. Le contenu de la plaque entre alors en contact avec le sang, un caillot se forme en quelques minutes et bouche l’artère : c’est l’infarctus ou l’accident vasculaire cérébral.

Cela explique un paradoxe fréquemment observé : un infarctus survient souvent sur une plaque qui ne rétrécissait l’artère que de trente ou quarante pour cent, chez une personne n’ayant jamais ressenti le moindre symptôme.

Une maladie de tout l’arbre artériel

Les plaques se développent préférentiellement aux zones de turbulence : bifurcations des carotides, artères coronaires, aorte abdominale, artères des jambes et des reins. Une atteinte à un endroit signifie presque toujours une atteinte ailleurs, même silencieuse. C’est pourquoi la découverte d’une plaque carotidienne conduit à évaluer le cœur, et inversement.

Ce qu’il ne faut pas confondre

L’athérosclérose touche les artères. Elle n’a aucun rapport avec les varices, qui concernent les veines des jambes, ni avec la thrombose veineuse profonde. Ces affections partagent le mot « circulation » mais relèvent de mécanismes, de risques et de traitements entièrement différents.

Causes

Le mécanisme initial est l’infiltration de la paroi artérielle par le cholestérol LDL. Les autres facteurs agissent en fragilisant l’endothélium ou en amplifiant l’inflammation. Un point mérite d’être précisé : le LDL n’est pas un simple marqueur associé au risque, il en est une cause directe, démontrée par les études génétiques comme par les essais thérapeutiques.

  • Excès de cholestérol LDL: Élément déclenchant. Plus la concentration est élevée et plus l’exposition dure, plus le cholestérol pénètre la paroi. La notion d’exposition cumulée est déterminante : un taux modérément élevé pendant trente ans est plus délétère qu’un pic bref. C’est ce qui justifie l’intérêt d’agir tôt, et le recours aux traitements hypolipémiants lorsque le risque le justifie.
  • Lésion de l’endothélium:

    La couche protectrice est agressée par le tabac, l’hypertension, l’hyperglycémie et les substances oxydantes. Devenue perméable, elle laisse passer le cholestérol et attire les cellules inflammatoires. C’est le point commun mécanique de tous les facteurs de risque.

  • Réaction inflammatoire chronique:

    Les globules blancs venus absorber le cholestérol oxydé meurent sur place et entretiennent une inflammation permanente. Celle-ci fragilise la chape fibreuse et prépare la rupture de la plaque, d’où la nature inflammatoire de la maladie.

  • Lipoprotéine(a):

    Particule d’origine génétique, indépendante du mode de vie et non modifiée par l’alimentation. Un taux élevé accélère l’athérosclérose et favorise la formation de caillots. Il se dose une seule fois dans la vie et explique certains infarctus survenant sans facteur de risque apparent.

  • Contraintes mécaniques et turbulences:

    Le flux sanguin devient turbulent aux bifurcations artérielles, ce qui fragilise l’endothélium à ces endroits précis. Cela explique la localisation constante des plaques aux mêmes carrefours vasculaires.

  • Inflammation d’origine générale: Une inflammation chronique, même extra-vasculaire, accélère le processus. C’est le cas dans la polyarthrite rhumatoïde et le lupus, où le risque cardiovasculaire est majoré indépendamment des facteurs classiques.

Facteurs de risque

Ces facteurs se cumulent de façon multiplicative et non additive : leur association fait bien plus que s’ajouter. C’est pourquoi l’évaluation repose sur un score global plutôt que sur chaque paramètre pris isolément.

  • Tabac: Facteur modifiable le plus puissant. Il agresse l’endothélium, abaisse le HDL, favorise les caillots et fragilise les plaques. Le bénéfice de l’arrêt est rapide : le surrisque diminue nettement dès la première année, quel que soit l’âge et l’ancienneté du tabagisme. Les aides relevant de l’arrêt du tabac font partie du traitement.
  • Hypertension artérielle: L’hypertension artérielle soumet la paroi à des contraintes mécaniques permanentes qui abîment l’endothélium. Son contrôle, par les mesures d’hygiène de vie et les traitements de la pression artérielle, réduit nettement les événements.
  • Diabète: Le diabète sucré accélère fortement l’athérosclérose et rend les atteintes plus diffuses. Il atténue également la perception douloureuse, ce qui explique la fréquence des infarctus indolores chez les diabétiques.
  • Âge et sexe:

    Le risque croît avec l’âge et l’exposition cumulée. Les hommes sont atteints plus tôt ; chez les femmes, le risque rejoint progressivement le leur après la ménopause.

  • Antécédents familiaux précoces:

    Un infarctus ou un accident vasculaire cérébral chez un parent proche avant 55 ans chez l’homme ou 65 ans chez la femme constitue un facteur fort. Il doit faire rechercher une hypercholestérolémie familiale, fréquente et sous-diagnostiquée.

  • Obésité abdominale et sédentarité:

    Elles s’accompagnent d’une inflammation chronique, d’une résistance à l’insuline et d’anomalies lipidiques. L’activité physique agit favorablement sur l’ensemble de ces paramètres.

  • Insuffisance rénale chronique: La maladie rénale accélère l’athérosclérose et modifie la composition des plaques, avec une calcification plus marquée. Elle constitue à elle seule un facteur de risque majeur.

Principaux symptômes

L’athérosclérose est silencieuse pendant des décennies. Les symptômes n’apparaissent qu’à un stade avancé, et dans une proportion importante des cas, la première manifestation est directement un accident grave. Les signes d’appel dépendent entièrement du territoire artériel touché, ce qui explique qu’ils semblent sans rapport entre eux.

  • Douleur thoracique à l’effort: L’angine de poitrine se manifeste par une oppression ou un serrement derrière le sternum, survenant à l’effort ou au froid et cédant au repos en quelques minutes. Elle traduit un rétrécissement des artères coronaires et relève des maladies cardiaques.
  • Crampe du mollet à la marche:

    Douleur apparaissant après une distance constante et disparaissant à l’arrêt, puis réapparaissant à la reprise. Cette claudication traduit l’artérite des membres inférieurs. La distance parcourue avant la douleur constitue un indicateur simple de sévérité.

  • Dysfonction érectile: Signe précoce souvent négligé. Les artères de la verge étant de petit calibre, elles se bouchent avant les coronaires : une dysfonction érectile d’apparition progressive chez un homme de plus de 40 ans précède fréquemment de plusieurs années une atteinte cardiaque et justifie un bilan cardiovasculaire complet.
  • Troubles neurologiques transitoires:

    Faiblesse d’un côté, trouble de la parole ou perte de vision d’un œil durant quelques minutes. Cet accident ischémique transitoire régresse complètement, ce qui conduit souvent à le négliger — alors qu’il annonce un accident vasculaire cérébral constitué.

  • Troubles de la mémoire et de l’attention: L’atteinte des petites artères cérébrales contribue au déclin cognitif d’origine vasculaire, souvent intriqué avec la maladie d’Alzheimer. Le contrôle des facteurs de risque à la cinquantaine influe sur la fonction cognitive à soixante-dix ans.
  • Absence totale de symptôme:

    Situation la plus fréquente et la plus trompeuse. Une personne peut présenter des plaques étendues sans jamais rien ressentir. C’est la raison pour laquelle l’évaluation du risque repose sur des mesures — tension, bilan lipidique, glycémie — et non sur les sensations.

Signes d’alerte

Ces signes traduisent une occlusion artérielle en cours. Chaque minute compte : les traitements de désobstruction ne sont efficaces que dans une fenêtre très courte, et leur bénéfice décroît d’heure en heure.

  • Douleur thoracique prolongée au repos:

    Oppression ou serrement durant plus de vingt minutes, irradiant vers le bras gauche, la mâchoire ou le dos, avec sueurs ou nausées. Appelez le 15 immédiatement, sans attendre et sans prendre le volant.

  • Symptômes d’accident vasculaire cérébral:

    Déformation brutale du visage, faiblesse d’un bras, trouble de la parole : appelez le 15 en notant l’heure de début. Ces signes imposent l’appel même s’ils disparaissent en quelques minutes.

  • Douleur de jambe brutale avec pied froid et pâle:

    Une occlusion artérielle aiguë du membre menace sa viabilité en quelques heures. Appelez le 15.

  • Infarctus sans douleur typique:

    Chez le diabétique, la personne âgée et la femme, l’infarctus se manifeste parfois par un simple essoufflement, une fatigue intense, des nausées ou une douleur épigastrique. Ces présentations atypiques retardent la prise en charge et doivent être connues.

  • Plaie du pied qui ne cicatrise pas:

    Chez une personne artéritique ou diabétique, une plaie qui traîne signale une ischémie et expose à l’amputation. Elle relève d’un avis spécialisé sans délai.

  • Douleur de jambe permanente au repos:

    Une douleur des orteils survenant la nuit et soulagée en laissant pendre la jambe traduit une ischémie critique. Elle justifie une prise en charge vasculaire urgente.

Processus de diagnostic

La démarche ne consiste pas à attendre des symptômes mais à estimer un risque. Puisque la maladie est silencieuse, l’évaluation repose sur des mesures simples combinées en un score, complété si nécessaire par une imagerie recherchant directement les plaques.

  • Bilan lipidique:

    Cholestérol total, LDL, HDL et triglycérides. Le LDL constitue la cible du traitement, et son objectif dépend du niveau de risque global : plus le risque est élevé, plus la cible est basse. Un même chiffre n’a donc pas la même signification chez deux personnes différentes.

  • Dosage de la lipoprotéine(a):

    Recommandé au moins une fois dans la vie. Ce paramètre d’origine génétique n’est pas modifié par l’alimentation ni par le mode de vie. Un taux élevé explique certains accidents survenant sans facteur de risque classique et conduit à traiter plus intensément les autres facteurs.

  • Évaluation du risque global:

    Des scores validés combinent âge, sexe, tabac, tension et cholestérol pour estimer la probabilité d’événement à dix ans. C’est ce résultat, et non un chiffre isolé, qui détermine l’intensité de la prise en charge.

  • Échographie des carotides:

    Examen simple et non irradiant, il visualise directement l’épaisseur de la paroi et les plaques. La découverte d’une plaque reclasse le patient dans une catégorie de risque supérieure et modifie les objectifs thérapeutiques.

  • Score calcique coronaire:

    Scanner sans injection quantifiant les calcifications des artères coronaires. Un score nul chez une personne à risque intermédiaire est très rassurant et peut faire surseoir à un traitement ; un score élevé impose au contraire une prise en charge intensive.

  • Index de pression systolique:

    Comparaison de la pression à la cheville et au bras. Un rapport abaissé signe une artérite des membres inférieurs, souvent asymptomatique, et identifie un patient à haut risque cardiovasculaire global.

  • Bilan des atteintes associées:

    Glycémie, fonction rénale, électrocardiogramme et recherche d’une atteinte d’un autre territoire. Une plaque quelque part impose de regarder ailleurs.

Options de traitement

Le traitement poursuit deux objectifs : stabiliser les plaques existantes pour éviter leur rupture, et empêcher la formation de nouvelles. Une donnée a modifié la perception de la maladie : sous abaissement intensif du LDL, les plaques peuvent régresser partiellement. Les modalités relèvent d’une prescription médicale individuelle.

  • Arrêt du tabac:

    Mesure la plus rentable de toutes, à tout âge et quelle que soit l’ancienneté du tabagisme. Le bénéfice apparaît en quelques mois et dépasse celui de nombreux médicaments.

  • Statines et autres hypolipémiants:

    Ils abaissent le LDL et, au-delà de cet effet, stabilisent la chape fibreuse des plaques et réduisent l’inflammation locale. C’est cette stabilisation qui explique la baisse des infarctus, plus que la modification du calibre artériel. D’autres molécules sont associées lorsque la cible n’est pas atteinte.

  • Contrôle de la tension artérielle: Il réduit les contraintes mécaniques exercées sur la paroi. L’association des mesures d’hygiène de vie et des traitements de la pression artérielle diminue nettement le risque d’accident vasculaire cérébral.
  • Traitement antiagrégant:

    Prescrit après un accident constitué ou en cas de maladie artérielle avérée. En prévention chez une personne indemne, son bénéfice ne compense généralement pas le risque hémorragique : il n’a pas sa place en automédication.

  • Prise en charge du diabète:

    Certains traitements récents du diabète de type 2 réduisent les événements cardiovasculaires au-delà de leur effet sur la glycémie, ce qui a modifié les stratégies thérapeutiques.

  • Revascularisation:

    Angioplastie avec pose de stent ou pontage. Ces gestes traitent un rétrécissement responsable de symptômes ou une occlusion aiguë. Ils ne suppriment pas la maladie : les plaques vulnérables situées ailleurs continuent d’exister, ce qui explique la poursuite indispensable du traitement médical après un stent.

  • Activité physique et alimentation:

    Trente minutes d’activité d’endurance la plupart des jours, alimentation de type méditerranéen, réduction du sel et des produits ultratransformés. Le bénéfice porte simultanément sur la tension, les lipides, la glycémie et l’inflammation.

Mesures immédiates

Face aux signes d’occlusion artérielle, un seul réflexe compte. Les gestes ci-dessous ne s’appliquent qu’en attendant les secours.

  • Appeler le 15 sans attendre:

    Douleur thoracique prolongée ou signes neurologiques brutaux : composez le 15 immédiatement. Ne prenez pas votre voiture et ne vous rendez pas par vos propres moyens aux urgences.

  • Noter l’heure de début:

    Pour un accident vasculaire cérébral, l’heure exacte d’apparition détermine l’éligibilité aux traitements de désobstruction. C’est l’information la plus utile à transmettre aux secours.

  • Rester au repos:

    Cesser tout effort et s’installer en position semi-assise en cas de douleur thoracique. Ne pas manger ni boire dans l’attente des secours.

  • Ne pas prendre de médicament de sa propre initiative:

    L’aspirine ne se prend que sur indication du médecin régulateur du 15 : certains accidents vasculaires cérébraux sont hémorragiques et elle les aggraverait.

  • Signaler ses traitements:

    Préparer la liste des médicaments en cours et les antécédents. Ces informations accélèrent considérablement la prise en charge.

Stratégies de réduction des risques

L’athérosclérose est la maladie chronique la plus accessible à la prévention. Une notion en commande toute la logique : l’exposition cumulée. Ce qui compte n’est pas le taux de cholestérol d’une année donnée, mais le produit du niveau par la durée. Agir tôt, même modestement, vaut mieux qu’agir fort et tard.

  • Ne pas fumer:

    Mesure la plus efficace, sans équivalent. Le risque diminue nettement dès la première année d’arrêt et rejoint progressivement celui d’un non-fumeur. Le tabagisme passif expose également, et la cigarette électronique n’est pas neutre sur la fonction endothéliale.

  • Connaître ses chiffres:

    Tension, cholestérol LDL et glycémie ne se ressentent pas. Un bilan périodique à partir de la quarantaine, plus tôt en cas d’antécédents familiaux, est le seul moyen d’identifier un risque silencieux.

  • Bouger régulièrement:

    Au moins cent cinquante minutes d’activité d’endurance par semaine, réparties sur plusieurs jours. L’effet porte sur la tension, les lipides, la glycémie, le poids et l’inflammation simultanément.

  • Alimentation de type méditerranéen:

    Légumes, fruits, légumineuses, poisson, huile d’olive, réduction des viandes transformées, du sel et des produits ultratransformés. C’est le modèle alimentaire dont le bénéfice cardiovasculaire est le mieux démontré par des essais contrôlés.

  • Limiter l’alcool:

    Aucun seuil bénéfique n’est aujourd’hui retenu. L’ancienne idée d’un effet protecteur du vin rouge n’a pas résisté aux analyses tenant compte des biais de sélection.

  • Traiter tôt une hypercholestérolémie familiale:

    Cette maladie génétique fréquente expose à des infarctus avant 50 ans. Un LDL très élevé chez un adulte jeune, ou des accidents précoces dans la famille, doivent la faire rechercher — y compris chez les enfants.

Possibilités de prévention

Après un premier événement, la prévention change d’intensité : les cibles deviennent plus strictes et le traitement est définitif. C’est à ce stade que les interruptions de traitement sont les plus coûteuses.

  • Ne pas interrompre le traitement:

    L’arrêt d’une statine après un infarctus multiplie le risque de récidive. L’absence de symptôme signifie que le traitement fonctionne, non qu’il est devenu inutile. Tout effet indésirable se discute avec le médecin plutôt que de conduire à un arrêt unilatéral.

  • Atteindre des cibles plus basses:

    Après un accident, les objectifs de LDL sont nettement plus exigeants qu’en prévention primaire. Cette exigence repose sur des essais montrant un bénéfice continu, sans seuil en dessous duquel il disparaîtrait.

  • Rechercher les autres territoires:

    Un infarctus impose d’évaluer les carotides et les artères des jambes, et inversement. Les atteintes multiples sont la règle et modifient la prise en charge.

  • Réadaptation cardiovasculaire:

    Programme supervisé associant activité physique, éducation et accompagnement. Il réduit la mortalité et les réhospitalisations après un accident, et reste pourtant largement sous-prescrit.

  • Surveiller la fonction rénale et le diabète:

    Ces atteintes évoluent souvent en parallèle et aggravent le pronostic. Leur dépistage régulier fait partie du suivi.

Non, et cette image très répandue induit en erreur. Le cholestérol ne se dépose pas à la surface interne de l’artère : il pénètre dans l’épaisseur de la paroi et y déclenche une réaction inflammatoire. La plaque se développe donc dans le tissu, pas dessus. C’est pourquoi aucun produit ne peut la « nettoyer » ou la « déboucher », et pourquoi le traitement vise à stabiliser l’inflammation plutôt qu’à racler un dépôt.

Parce que ce n’est pas la plaque la plus grosse qui se rompt. Une plaque volumineuse et calcifiée rétrécit l’artère et provoque des douleurs à l’effort, mais reste stable. Une plaque modeste avec un large cœur lipidique et une fine enveloppe fibreuse peut se rompre brutalement et boucher l’artère en quelques minutes. La plupart des infarctus surviennent sur des plaques qui ne rétrécissaient l’artère que de trente à quarante pour cent.

Elles ne disparaissent pas complètement, mais peuvent régresser partiellement. Un abaissement intensif et prolongé du LDL réduit le volume du cœur lipidique et épaissit la chape fibreuse. La plaque devient plus petite et surtout plus stable — et c’est cette stabilisation, plus que la réduction de taille, qui protège de l’infarctus.

Non. Un stent rouvre un rétrécissement précis et soulage les symptômes ou traite une occlusion aiguë, mais il ne traite pas la maladie. Les plaques vulnérables situées ailleurs dans l’arbre artériel continuent d’exister et restent capables de se rompre. C’est pourquoi le traitement médical se poursuit à vie après une angioplastie, et pourquoi son interruption est particulièrement risquée.

Non, l’effet du cholestérol alimentaire sur le LDL sanguin est modeste : le foie en produit l’essentiel. Ce qui compte davantage est la qualité globale de l’alimentation — réduction des graisses saturées et des produits ultratransformés, modèle méditerranéen. Chez les personnes à risque élevé, l’alimentation seule ne suffit généralement pas à atteindre les cibles.

Parce qu’il s’agit d’un facteur de risque entièrement génétique, non modifié par l’alimentation ni par l’activité physique, et qui échappe aux bilans lipidiques habituels. Un taux élevé explique certains infarctus précoces chez des personnes sans facteur de risque apparent. Il suffit de le doser une fois dans sa vie ; le résultat conduit à traiter plus intensément les autres facteurs.

Oui, et c’est un signal trop souvent négligé. Les artères de la verge ont un calibre plus fin que les coronaires : elles se bouchent donc plus tôt. Une dysfonction érectile d’installation progressive chez un homme de plus de 40 ans précède fréquemment de plusieurs années une atteinte coronaire et justifie un bilan cardiovasculaire complet, pas seulement un traitement symptomatique.

Une maladie qui commence à l’adolescence : des autopsies pratiquées sur de jeunes soldats morts au combat, en Corée puis au Vietnam, ont révélé des plaques d’athérome déjà constituées chez des hommes d’une vingtaine d’années en parfaite santé apparente. Ces observations ont changé la conception de la maladie : elle n’est pas une conséquence du vieillissement mais un processus qui débute très tôt et progresse pendant des décennies.

La preuve que le LDL est une cause, pas un marqueur : la question a longtemps été débattue. Les études de randomisation mendélienne l’ont tranchée en comparant des personnes porteuses de variantes génétiques abaissant naturellement le LDL depuis la naissance : leur risque cardiovasculaire est réduit dans des proportions bien supérieures à celles obtenues par un traitement débuté à la cinquantaine. C’est l’argument le plus fort en faveur d’une exposition cumulée et d’une action précoce.

Le paradoxe du remodelage : lorsqu’une plaque se développe, l’artère commence par s’élargir vers l’extérieur pour préserver son calibre interne. Ce mécanisme compensateur maintient un flux normal jusqu’à ce que la plaque occupe environ quarante pour cent de la paroi. Il explique pourquoi une coronarographie peut sembler normale alors qu’une charge athéromateuse importante est déjà présente, et pourquoi le score calcique détecte des atteintes qu’un examen du calibre manquerait.

Un même processus, des noms différents : infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral ischémique, artérite des membres inférieurs et une partie des insuffisances rénales relèvent de la même maladie sur des territoires distincts. Cette unité explique qu’un patient traité pour ses jambes doive voir évaluer son cœur, et que la prévention soit commune à toutes ces situations.

Idées reçues persistantes : l’athérosclérose n’est pas un dépôt que l’on peut nettoyer ; un stent ne guérit pas la maladie ; l’absence de symptôme ne signifie pas l’absence de plaques ; et le vin rouge n’a pas d’effet protecteur démontré.

L’athérosclérose est une maladie inflammatoire de la paroi artérielle, déclenchée par l’infiltration du cholestérol LDL et entretenue par le tabac, l’hypertension et le diabète. Elle débute dès l’adolescence, progresse silencieusement et se manifeste souvent d’emblée par un accident grave.

Deux notions comptent plus que les autres. Ce n’est pas la plaque la plus volumineuse qui provoque l’infarctus, mais la plus fragile — ce qui explique les accidents survenant sans aucun signe précurseur. Et l’exposition cumulée gouverne le risque : agir tôt et durablement vaut mieux qu’agir tard et intensément.

La prévention est ici particulièrement efficace. L’arrêt du tabac, le contrôle de la tension, du LDL et de la glycémie, l’activité physique régulière et une alimentation de type méditerranéen réduisent nettement le risque. Enfin, devant une douleur thoracique prolongée ou des signes neurologiques brutaux, un seul réflexe : appeler le 15 sans attendre.

  1. Société Française de Cardiologie (SFC). Recommandations sur la prévention cardiovasculaire. https://sfcardio.fr/
  2. Visseren FLJ, Mach F, Smulders YM, et al. ESC Guidelines on cardiovascular disease prevention in clinical practice. European Heart Journal. https://www.escardio.org/
  3. Ference BA, Ginsberg HN, Graham I, et al. Low-density lipoproteins cause atherosclerotic cardiovascular disease: evidence from genetic, epidemiologic and clinical studies. European Heart Journal. https://www.eas-society.org/
  4. Haute Autorité de santé (HAS). Prise en charge des dyslipidémies et évaluation du risque cardiovasculaire. https://www.has-sante.fr/
  5. Assurance Maladie. Athérosclérose et risque cardiovasculaire : comprendre et prévenir. https://www.ameli.fr/

Clause de non-responsabilité : Les informations fournies sur ce site sont destinées uniquement à des fins d’information et ne constituent pas un avis médical. Elles ne remplacent pas une consultation médicale professionnelle, un diagnostic ou un traitement. Devant une douleur thoracique prolongée ou des signes neurologiques brutaux, appelez le 15 sans attendre. N’interrompez jamais seul un traitement hypolipémiant ou antiagrégant.

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