Qu’est-ce que l’athérosclérose ?
Une artère comporte trois couches. La plus interne, l’intima, est tapissée d’une fine pellicule de cellules, l’endothélium, qui sépare le sang de la paroi et régule son fonctionnement.
Lorsque le cholestérol LDL circule en excès, il traverse cet endothélium et s’accumule dans l’intima. Il s’y oxyde, ce qui alerte le système immunitaire : des globules blancs viennent l’absorber, se gorgent de graisse et finissent par mourir sur place. Leurs débris constituent un cœur lipidique, isolé du sang par une chape de tissu fibreux. C’est cet ensemble que l’on appelle une plaque d’athérome.
Le point essentiel est que tout se déroule dans la paroi, et non à sa surface. La comparaison avec un tuyau qui s’entartre est trompeuse : il ne s’agit pas d’un dépôt que l’on pourrait racler, mais d’une lésion inflammatoire évolutive du tissu lui-même.
Pourquoi la plus grosse plaque n’est pas la plus dangereuse
Une plaque peut évoluer de deux façons. Certaines s’épaississent lentement, se calcifient et rétrécissent progressivement le calibre de l’artère. Elles provoquent des symptômes à l’effort — douleur thoracique, crampe du mollet à la marche — mais restent stables.
D’autres restent peu volumineuses tout en développant un large cœur lipidique sous une chape fibreuse mince. Ces plaques dites vulnérables peuvent se rompre brutalement. Le contenu de la plaque entre alors en contact avec le sang, un caillot se forme en quelques minutes et bouche l’artère : c’est l’infarctus ou l’accident vasculaire cérébral.
Cela explique un paradoxe fréquemment observé : un infarctus survient souvent sur une plaque qui ne rétrécissait l’artère que de trente ou quarante pour cent, chez une personne n’ayant jamais ressenti le moindre symptôme.
Une maladie de tout l’arbre artériel
Les plaques se développent préférentiellement aux zones de turbulence : bifurcations des carotides, artères coronaires, aorte abdominale, artères des jambes et des reins. Une atteinte à un endroit signifie presque toujours une atteinte ailleurs, même silencieuse. C’est pourquoi la découverte d’une plaque carotidienne conduit à évaluer le cœur, et inversement.
Ce qu’il ne faut pas confondre
L’athérosclérose touche les artères. Elle n’a aucun rapport avec les varices, qui concernent les veines des jambes, ni avec la thrombose veineuse profonde. Ces affections partagent le mot « circulation » mais relèvent de mécanismes, de risques et de traitements entièrement différents.
Causes
Le mécanisme initial est l’infiltration de la paroi artérielle par le cholestérol LDL. Les autres facteurs agissent en fragilisant l’endothélium ou en amplifiant l’inflammation. Un point mérite d’être précisé : le LDL n’est pas un simple marqueur associé au risque, il en est une cause directe, démontrée par les études génétiques comme par les essais thérapeutiques.
- Excès de cholestérol LDL: Élément déclenchant. Plus la concentration est élevée et plus l’exposition dure, plus le cholestérol pénètre la paroi. La notion d’exposition cumulée est déterminante : un taux modérément élevé pendant trente ans est plus délétère qu’un pic bref. C’est ce qui justifie l’intérêt d’agir tôt, et le recours aux traitements hypolipémiants lorsque le risque le justifie.
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Lésion de l’endothélium:
La couche protectrice est agressée par le tabac, l’hypertension, l’hyperglycémie et les substances oxydantes. Devenue perméable, elle laisse passer le cholestérol et attire les cellules inflammatoires. C’est le point commun mécanique de tous les facteurs de risque.
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Réaction inflammatoire chronique:
Les globules blancs venus absorber le cholestérol oxydé meurent sur place et entretiennent une inflammation permanente. Celle-ci fragilise la chape fibreuse et prépare la rupture de la plaque, d’où la nature inflammatoire de la maladie.
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Lipoprotéine(a):
Particule d’origine génétique, indépendante du mode de vie et non modifiée par l’alimentation. Un taux élevé accélère l’athérosclérose et favorise la formation de caillots. Il se dose une seule fois dans la vie et explique certains infarctus survenant sans facteur de risque apparent.
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Contraintes mécaniques et turbulences:
Le flux sanguin devient turbulent aux bifurcations artérielles, ce qui fragilise l’endothélium à ces endroits précis. Cela explique la localisation constante des plaques aux mêmes carrefours vasculaires.
- Inflammation d’origine générale: Une inflammation chronique, même extra-vasculaire, accélère le processus. C’est le cas dans la polyarthrite rhumatoïde et le lupus, où le risque cardiovasculaire est majoré indépendamment des facteurs classiques.
Facteurs de risque
Ces facteurs se cumulent de façon multiplicative et non additive : leur association fait bien plus que s’ajouter. C’est pourquoi l’évaluation repose sur un score global plutôt que sur chaque paramètre pris isolément.
- Tabac: Facteur modifiable le plus puissant. Il agresse l’endothélium, abaisse le HDL, favorise les caillots et fragilise les plaques. Le bénéfice de l’arrêt est rapide : le surrisque diminue nettement dès la première année, quel que soit l’âge et l’ancienneté du tabagisme. Les aides relevant de l’arrêt du tabac font partie du traitement.
- Hypertension artérielle: L’hypertension artérielle soumet la paroi à des contraintes mécaniques permanentes qui abîment l’endothélium. Son contrôle, par les mesures d’hygiène de vie et les traitements de la pression artérielle, réduit nettement les événements.
- Diabète: Le diabète sucré accélère fortement l’athérosclérose et rend les atteintes plus diffuses. Il atténue également la perception douloureuse, ce qui explique la fréquence des infarctus indolores chez les diabétiques.
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Âge et sexe:
Le risque croît avec l’âge et l’exposition cumulée. Les hommes sont atteints plus tôt ; chez les femmes, le risque rejoint progressivement le leur après la ménopause.
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Antécédents familiaux précoces:
Un infarctus ou un accident vasculaire cérébral chez un parent proche avant 55 ans chez l’homme ou 65 ans chez la femme constitue un facteur fort. Il doit faire rechercher une hypercholestérolémie familiale, fréquente et sous-diagnostiquée.
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Obésité abdominale et sédentarité:
Elles s’accompagnent d’une inflammation chronique, d’une résistance à l’insuline et d’anomalies lipidiques. L’activité physique agit favorablement sur l’ensemble de ces paramètres.
- Insuffisance rénale chronique: La maladie rénale accélère l’athérosclérose et modifie la composition des plaques, avec une calcification plus marquée. Elle constitue à elle seule un facteur de risque majeur.
