Qu’est-ce qu’une gastrite ?
La gastrite est une inflammation de la paroi interne de l’estomac. La muqueuse gastrique est normalement protégée de l’acidité par une couche de mucus et par le renouvellement rapide de ses cellules. Lorsque cette barrière est dépassée — par une bactérie, un médicament ou une substance irritante — l’acide atteint les tissus sous-jacents et déclenche une réaction inflammatoire.
Gastrite, dyspepsie et ulcère : trois choses différentes
La gastrite est un diagnostic histologique : elle se prouve sur biopsie.
La dyspepsie désigne l’ensemble des symptômes — pesanteur, douleur épigastrique, satiété précoce — sans préjuger de leur cause. Dans la majorité des cas, aucune lésion n’est retrouvée : on parle alors de dyspepsie fonctionnelle, dont le mécanisme s’apparente à celui du syndrome de l’intestin irritable, avec lequel elle coexiste fréquemment.
L’ulcère gastroduodénal est une perte de substance qui creuse la paroi au-delà de la muqueuse. Il partage les mêmes causes principales que la gastrite, mais expose à des complications propres : hémorragie et perforation.
Les principales formes
La gastrite aiguë apparaît brutalement, souvent après la prise d’anti-inflammatoires ou une consommation importante d’alcool. Elle régresse généralement en quelques jours une fois la cause supprimée.
La gastrite chronique évolue sur des mois ou des années, le plus souvent sans symptôme. C’est la forme liée à Helicobacter pylori.
La gastrite atrophique correspond à une disparition progressive des glandes de la muqueuse. Elle peut conduire à une métaplasie intestinale, c’est-à-dire au remplacement des cellules gastriques par des cellules de type intestinal. Cette séquence — inflammation, atrophie, métaplasie — constitue la voie principale par laquelle une gastrite chronique augmente le risque de cancer de l’estomac.
La gastrite auto-immune, ou maladie de Biermer, résulte d’une destruction des cellules produisant le facteur intrinsèque, indispensable à l’absorption de la vitamine B12. Elle se manifeste souvent d’abord par une anémie plutôt que par des troubles digestifs.
Ce qu’il ne faut pas confondre
Une douleur du creux de l’estomac n’est pas nécessairement gastrique. Une cholécystite débutante, une pancréatite ou même un infarctus de forme digestive peuvent se présenter ainsi. La durée, l’irradiation et les signes associés orientent le diagnostic.
Causes
Une gastrite résulte d’un déséquilibre entre les agressions subies par la muqueuse et ses moyens de défense. Identifier la cause conditionne le traitement : supprimer un anti-inflammatoire, éradiquer une bactérie ou surveiller une atteinte auto-immune n’appelle pas la même prise en charge.
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Infection à Helicobacter pylori:
Cause la plus fréquente de gastrite chronique dans le monde. Cette bactérie survit dans l’estomac en neutralisant l’acidité autour d’elle grâce à une enzyme, l’uréase. L’infection est habituellement contractée dans l’enfance et persiste toute la vie en l’absence de traitement. La plupart des personnes infectées ne développeront jamais de symptôme, mais l’infection reste le principal facteur de risque évitable de cancer gastrique.
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Anti-inflammatoires non stéroïdiens:
L’aspirine, l’ibuprofène et les autres AINS bloquent la production de prostaglandines, molécules qui entretiennent le mucus protecteur et la circulation sanguine de la muqueuse. L’atteinte est directement liée à la dose et à la durée du traitement, et survient même lorsque le médicament est administré par voie injectable.
- Alcool: L’alcool traverse rapidement la couche de mucus et lèse directement les cellules de surface. Une consommation ponctuelle importante provoque une gastrite aiguë ; une consommation chronique entretient l’inflammation. L’alcoolisme chronique figure parmi les causes fréquentes.
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Mécanisme auto-immun:
Le système immunitaire attaque les cellules pariétales de l’estomac, qui produisent l’acide et le facteur intrinsèque. Il en résulte une atrophie de la muqueuse du corps gastrique et une carence en vitamine B12.
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Reflux biliaire et causes rares:
La remontée de bile dans l’estomac, favorisée par certaines chirurgies digestives, irrite la muqueuse. Plus rarement, une gastrite peut être liée à une maladie de Crohn, à une infection virale chez une personne immunodéprimée, ou à un stress physiologique majeur en réanimation.
Facteurs de risque
Ces éléments augmentent la probabilité de développer une gastrite ou d’en aggraver l’évolution. Ils se cumulent : un fumeur prenant des anti-inflammatoires et porteur d’Helicobacter pylori est exposé à un risque nettement supérieur à la somme des risques pris isolément.
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Âge:
La prévalence de l’infection à Helicobacter pylori et celle de l’atrophie gastrique augmentent avec l’âge. Après 60 ans, la muqueuse se renouvelle également plus lentement.
- Prise prolongée d’anti-inflammatoires: Le risque croît avec la durée, la dose et l’association de plusieurs AINS. Les personnes traitées au long cours pour une polyarthrite rhumatoïde ou une arthrose vertébrale sont particulièrement exposées. L’association d’un AINS et d’un corticoïde, ou d’un AINS et d’un anticoagulant, majore le risque hémorragique.
- Automédication antalgique répétée: La prise fréquente d’anti-inflammatoires pour des maux de tête récurrents constitue une cause fréquente et sous-estimée de gastrite, d’autant que ces médicaments contre la douleur sont largement accessibles sans ordonnance.
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Tabac:
Le tabac diminue la production de bicarbonates protecteurs, réduit le débit sanguin de la muqueuse et retarde la cicatrisation. Il diminue aussi le taux de succès de l’éradication d’Helicobacter pylori.
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Conditions de vie dans l’enfance:
La transmission d’Helicobacter pylori se fait principalement en milieu familial durant les premières années de vie. Une promiscuité importante ou un accès limité à l’eau potable pendant l’enfance augmente la probabilité d’être porteur à l’âge adulte.
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Antécédents familiaux de cancer gastrique:
Un cancer de l’estomac chez un parent au premier degré justifie un dépistage et une éradication d’Helicobacter pylori en cas d’infection, même en l’absence de symptômes.
- Maladies auto-immunes associées: La gastrite auto-immune s’observe plus fréquemment chez les personnes atteintes de thyroïdite de Hashimoto, source d’hypothyroïdie, ou de diabète de type 1.
