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Ostéoporose

Ostéoporose

Ostéoporose

L’ostéoporose est une maladie du squelette : les os perdent de leur résistance et se cassent plus facilement, parfois après une simple chute de sa hauteur. Sa première cause est le vieillissement, et elle concerne surtout les femmes après la ménopause.1 Elle ne fait pas mal tant qu’aucune fracture ne survient. Un traitement médicamenteux n’est proposé que lorsque le risque de fracture est élevé ; il s’accompagne toujours de mesures d’hygiène de vie et de prévention des chutes.1

Ostéoporose

L’os se renouvelle en permanence. Avec l’âge, et plus vite après la ménopause, il se détruit plus qu’il ne se reconstruit : sa densité diminue et sa structure se fragilise. Le diagnostic repose sur la densité minérale osseuse (DMO), mesurée au rachis lombaire et à la hanche et exprimée en T-score, c’est-à-dire l’écart par rapport à l’os d’un adulte jeune :1

Interprétation du T-score à l’ostéodensitométrie
T-scoreInterprétation
Supérieur à −1Densité normale
Entre −1 et −2,5Ostéopénie (densité diminuée)
Égal ou inférieur à −2,5Ostéoporose
Égal ou inférieur à −2,5 avec au moins une fractureOstéoporose sévère

La HAS qualifie de « sévères » les fractures de la hanche (extrémité supérieure du fémur), de l’épaule (extrémité supérieure de l’humérus), des vertèbres, du bassin, de l’extrémité inférieure du fémur, de l’extrémité supérieure du tibia et de trois côtes à la fois, car elles sont associées à une surmortalité.1

Causes

Le plus souvent, l’ostéoporose résulte du vieillissement osseux, accéléré chez la femme par la chute des œstrogènes à la ménopause. Elle peut aussi être favorisée par certains médicaments ou maladies.1

  • Ostéoporose liée à l’âge et à la ménopause:

    La forme la plus fréquente : la perte osseuse s’accélère dans les années qui suivent la ménopause, puis se poursuit avec l’âge chez les femmes comme chez les hommes.

  • Ostéoporose cortisonique: Une corticothérapie par voie générale prolongée fait baisser rapidement la masse osseuse, surtout la première année. Un traitement préventif est à envisager dès que la dose atteint 7,5 mg par jour d’équivalent prednisone pour une durée prévue de plus de trois mois.1

Facteurs de risque

Pour évaluer le risque de fracture, la HAS retient, outre la densité osseuse, plusieurs facteurs :1

  • Âge et antécédents:

    Avoir plus de 60 ans, avoir déjà fait une fracture par fragilité, ou une mère ayant eu une fracture du col du fémur.

  • Ménopause précoce et faible poids:

    Une ménopause avant 40 ans et un indice de masse corporelle inférieur à 19 kg/m².

  • Corticoïdes et tabac:

    Une corticothérapie générale, actuelle ou passée, d’au moins 7,5 mg par jour d’équivalent prednisone ; le tabagisme fragilise aussi l’os.

Principaux symptômes

L’ostéoporose est silencieuse : elle ne provoque ni douleur ni gêne tant que l’os ne casse pas. Elle se révèle souvent par une première fracture survenue après un choc minime.

  • Fracture après un traumatisme léger:

    Une chute de sa hauteur suffit parfois à casser le poignet, la hanche ou l’épaule.

  • Douleur de dos brutale, perte de taille, dos qui se voûte:

    Une vertèbre peut se tasser lors d’un effort banal, parfois sans douleur marquée ; une diminution de la taille ou un dos qui s’arrondit peut en être le signe.

Signes d’alerte

Certaines situations nécessitent une prise en charge rapide.

  • Impossibilité de se relever ou de marcher après une chute:

    Douleur de l’aine ou de la hanche, jambe raccourcie ou tournée vers l’extérieur : signes possibles de fracture du col du fémur. Appeler le 15.

  • Douleur dorsale vive et soudaine:

    Après un effort, une toux ou sans cause apparente : consulter rapidement pour rechercher une fracture vertébrale.

Processus de diagnostic

Le diagnostic et la décision de traiter reposent sur la mesure de la densité osseuse, complétée par l’évaluation des autres facteurs de risque de fracture.1

  • Ostéodensitométrie: Examen indolore par absorptiométrie biphotonique, mesuré au rachis lombaire et à la hanche. Depuis 2006, l’Assurance maladie la rembourse sur prescription lorsqu’il existe des facteurs de risque d’ostéoporose définis par la HAS.1,2
  • Évaluation du risque de fracture: Le médecin combine le T-score et les facteurs de risque ; l’outil FRAX de l’OMS peut estimer la probabilité de fracture à 10 ans.1
  • Recherche d’une cause et des carences:

    Un bilan sanguin vérifie notamment les apports en calcium et en vitamine D et recherche une cause secondaire de fragilité osseuse.

Options de traitement

Le but du traitement est d’éviter les fractures. Selon la fiche de bon usage de la HAS mise à jour en janvier 2023, un médicament n’est indiqué qu’en cas de risque fracturaire élevé : après une fracture par fragilité, ou sans fracture si le T-score est inférieur à −3, ou égal ou inférieur à −2,5 avec d’autres facteurs de risque.1

  • Toujours d’abord: Corriger une carence en calcium ou en vitamine D, arrêter le tabac, pratiquer une activité physique et prévenir les chutes.1
  • Bisphosphonates en première intention: Alendronate ou risédronate en comprimé, quotidien ou hebdomadaire, ou zolédronate en perfusion annuelle ; ils réduisent le risque de fracture vertébrale et de hanche. Un bilan dentaire est recommandé avant de commencer, et les comprimés se prennent à jeun, avec un grand verre d’eau, en restant debout ou assis.1
  • Raloxifène dans des cas précis: Il réduit seulement le risque de fracture vertébrale et est réservé aux femmes de moins de 70 ans à faible risque de fracture de la hanche, sans antécédent de thrombose veineuse.1
  • Dénosumab en deuxième intention: Une injection tous les six mois, en relais d’un bisphosphonate chez les femmes à risque élevé. Son arrêt expose à un rebond de la perte osseuse et à des fractures vertébrales multiples : il ne doit pas être interrompu sans relais.1
  • Traitements réservés aux formes sévères: Le tériparatide, en injection quotidienne, est réservé aux personnes ayant au moins deux fractures vertébrales ; le romosozumab aux femmes de moins de 75 ans avec une fracture sévère et sans antécédent cardiovasculaire.1

Mesures immédiates

L’orientation dépend de la situation.

  • Appeler le 15:

    Chute suivie d’une impossibilité de se relever ou de marcher, ou d’une déformation de la jambe.

  • Consulter rapidement:

    Douleur dorsale brutale ou fracture du poignet après une chute banale, surtout après 50 ans : la fracture peut révéler une ostéoporose et justifier une évaluation.

  • En parler lors d’une consultation: Ménopause avant 40 ans, corticothérapie prolongée, mère ayant eu une fracture de la hanche ou perte de taille : demander si une ostéodensitométrie est indiquée.1

Stratégies de réduction des risques

Préserver ses os et éviter les chutes réduit le risque de fracture à tout âge.

  • Activité physique: La marche et les exercices d’équilibre et de renforcement entretiennent l’os et les muscles et diminuent le risque de chute.1
  • Calcium, vitamine D et tabac: Des apports suffisants en calcium et en vitamine D et l’arrêt du tabac protègent le capital osseux.1

Possibilités de prévention

Chez les personnes âgées, la prévention des chutes compte autant que le traitement de l’os.

  • Aménager son logement:

    Supprimer les tapis glissants, bien éclairer les passages, installer des barres d’appui dans la salle de bain.

  • Faire le point sur ses médicaments et sa vue:

    Certains médicaments favorisent les chutes ; un contrôle régulier de la vue et des médicaments avec le médecin ou le pharmacien aide à les prévenir.

L’ostéoporose elle-même ne fait pas mal, mais elle expose aux fractures. Certaines, comme celles de la hanche, des vertèbres ou du bassin, sont qualifiées de sévères par la HAS car elles sont associées à une surmortalité et à une perte d’autonomie. Un traitement adapté réduit ce risque.1

Souvent, aucun avant la première fracture. Une perte de taille, un dos qui se voûte ou une douleur dorsale brutale après un effort minime peuvent révéler un tassement vertébral passé inaperçu. En présence de facteurs de risque, mieux vaut demander à son médecin si une ostéodensitométrie est indiquée.2

Aucun aliment n’est à bannir. L’important est d’apporter suffisamment de calcium et de vitamine D, par l’alimentation ou par une supplémentation si une carence est constatée. L’arrêt du tabac fait partie des mesures recommandées par la HAS.1

Il n’existe pas de classification officielle en cinq stades. Le résultat de l’ostéodensitométrie distingue une densité normale, une ostéopénie, une ostéoporose et une ostéoporose sévère lorsqu’une fracture est déjà survenue. La décision de traiter dépend aussi des autres facteurs de risque.1

  1. Haute Autorité de santé. Les médicaments de l’ostéoporose. Fiche de bon usage du médicament. Mise à jour janvier 2023.
  2. Ministère chargé de la Santé. Réponse à la question écrite n° 44814 sur la prévention de l’ostéoporose. Assemblée nationale, XIVe législature.

Sources vérifiées le 06/10/2026

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