Qu’est-ce que la varicelle ?
La varicelle est provoquée par le virus varicelle-zona, appartenant à la famille des herpèsvirus. Il pénètre par les voies respiratoires, se multiplie dans la gorge et les ganglions, puis se dissémine par le sang jusqu’à la peau où il provoque l’éruption caractéristique.
La contagiosité est parmi les plus élevées de toutes les maladies infectieuses : le virus se transmet par voie aérienne, à distance, et par contact avec le liquide des vésicules. Un enfant contagieux dans une pièce peut infecter la quasi-totalité des personnes non immunisées présentes.
Une éruption en « ciel étoilé »
L’éruption survient par vagues successives, à quelques jours d’intervalle. À un instant donné, on observe donc côte à côte des lésions à tous les stades : petites taches rouges, boutons surélevés, vésicules remplies de liquide clair, et croûtes.
Cette coexistence d’âges différents constitue le signe diagnostique le plus fiable et distingue la varicelle des éruptions où toutes les lésions évoluent ensemble. Les lésions atteignent aussi le cuir chevelu et les muqueuses de la bouche, localisations rarement touchées par les autres éruptions de l’enfance.
Un virus qui ne s’en va jamais
Après la guérison, le virus ne disparaît pas de l’organisme. Il remonte le long des nerfs sensitifs et se met en sommeil dans les ganglions nerveux situés le long de la colonne vertébrale, où il peut rester silencieux pendant des décennies.
Lorsque l’immunité faiblit — avec l’âge, un stress important, une maladie ou un traitement immunosuppresseur — il se réactive et redescend le long d’un nerf, provoquant une éruption douloureuse limitée à un territoire cutané : c’est le zona. Varicelle et zona sont donc deux manifestations du même virus, la première correspondant à la primo-infection et le second à sa réactivation.
Détail souvent mal compris : une personne atteinte de zona peut transmettre la varicelle à quelqu’un qui ne l’a jamais eue, mais ne transmet pas le zona lui-même.
Ce qu’il ne faut pas confondre
D’autres éruptions vésiculeuses existent : le syndrome pieds-mains-bouche, dû à un autre virus, atteint les paumes, les plantes et la bouche sans toucher le cuir chevelu. Une poussée d’eczéma surinfectée par le virus de l’herpès peut simuler une varicelle et constitue une urgence. Enfin, chez une personne présentant une dermatite atopique, l’éruption peut être particulièrement étendue et surinfectée.
Causes
La cause est unique — le virus varicelle-zona — mais son mode de propagation explique pourquoi la maladie est pratiquement inévitable dans une collectivité d’enfants non vaccinés. Un point mérite d’être connu des parents : la contagiosité commence avant l’apparition du moindre bouton.
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Transmission par voie aérienne:
Le virus est émis dans les gouttelettes respiratoires et reste en suspension dans l’air. Il peut infecter une personne se trouvant dans la même pièce sans aucun contact direct, ce qui le distingue de la plupart des virus de l’enfance.
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Contact avec le liquide des vésicules:
Le liquide clair contenu dans les bouteilles est très riche en virus. Le toucher, directement ou par l’intermédiaire du linge, transmet l’infection. Les croûtes, en revanche, ne sont plus contagieuses.
- Contagiosité avant l’éruption: Point déterminant : la personne est contagieuse un à deux jours avant l’apparition des premiers boutons, alors que rien ne laisse suspecter la maladie. C’est ce qui rend l’isolement préventif largement inefficace et explique la diffusion rapide en collectivité.
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Réactivation à partir des ganglions nerveux:
Après la primo-infection, le virus reste latent dans les ganglions sensitifs. Une baisse d’immunité permet sa réactivation sous forme de zona, source possible de contamination pour l’entourage non immunisé.
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Transmission de la mère à l’enfant:
Une varicelle contractée pendant la grossesse peut atteindre le fœtus. Le risque et la nature des conséquences dépendent entièrement du terme, ce qui justifie une prise en charge spécialisée immédiate.
Facteurs de risque
La varicelle est bénigne chez l’enfant en bonne santé. Les facteurs ci-dessous identifient les situations où elle peut au contraire être grave et justifie une prise en charge spécifique.
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Âge adulte:
La varicelle est nettement plus sévère après l’adolescence : fièvre plus élevée, éruption plus profuse et risque de pneumonie varicelleuse, complication redoutée qui justifie souvent une hospitalisation.
- Grossesse: Situation à risque à double titre : forme sévère pour la mère, avec un risque accru de pneumonie, et atteinte possible du fœtus ou du nouveau-né. Toute exposition chez une femme enceinte non immunisée impose un avis en urgence dans le cadre du suivi en santé des femmes.
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Nouveau-né:
Une varicelle survenant autour de l’accouchement expose le nourrisson à une forme grave, l’anticorps maternel n’ayant pas eu le temps de le protéger. C’est l’une des situations les plus sévères de cette infection.
- Immunodépression: Chimiothérapie pour un cancer, corticothérapie prolongée ou traitement de fond utilisé dans le lupus, la polyarthrite rhumatoïde ou la sclérose en plaques exposent à des formes disséminées graves. Le vaccin, vivant atténué, y est par ailleurs contre-indiqué, ce qui impose de vacciner avant l’instauration du traitement.
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Maladie de peau préexistante:
Un eczéma étendu offre une surface fragilisée où l’éruption devient profuse et se surinfecte facilement.
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Prise d’anti-inflammatoires:
Facteur de risque majeur et évitable. L’ibuprofène et les autres anti-inflammatoires pris pendant une varicelle multiplient le risque d’infection bactérienne grave de la peau et des tissus profonds.
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Absence d’immunité chez l’adulte:
Environ une personne sur dix arrive à l’âge adulte sans avoir eu la varicelle. Un contrôle sérologique et une vaccination sont recommandés, en particulier avant une grossesse ou une immunosuppression.
