Qu’est-ce que l’aciclovir ?
L’aciclovir est un antiviral appartenant à la famille des analogues nucléosidiques. Découvert dans les années 1970, il a constitué la première molécule véritablement sélective contre un virus et a valu à ses concepteurs une reconnaissance scientifique majeure. Il est disponible en France sur prescription, sous forme de génériques et sous le nom de Zovirax.
Une sélectivité qui explique sa tolérance
La difficulté de tout traitement antiviral tient à ce que le virus se réplique à l’intérieur de nos propres cellules, en détournant leur machinerie. Une substance qui bloquerait cette machinerie serait toxique pour l’organisme entier.
L’aciclovir résout ce problème par un mécanisme élégant. Administré, il reste inactif : c’est une prodrogue. Pour devenir actif, il doit être phosphorylé par une enzyme particulière, la thymidine kinase virale — présente uniquement dans les cellules infectées. Dans une cellule saine, la molécule ne se transforme pratiquement pas et reste sans effet.
Une fois activé, l’aciclovir se substitue à un composant de l’ADN viral et interrompt sa synthèse. La toxicité de la molécule est ainsi concentrée là où le virus se trouve — ce qui explique une tolérance remarquable pour un traitement agissant sur la réplication génétique.
Un antiviral, pas un antibiotique
La confusion reste fréquente. Les antibiotiques agissent sur les bactéries, organismes vivants autonomes ; les antiviraux ciblent des virus, qui n’ont ni métabolisme ni structure cellulaire propres. L’aciclovir n’a aucun effet sur une infection bactérienne, et un antibiotique n’en a aucun sur un herpès. Notre article aborde plus largement ce que sont et ne sont pas les antibiotiques.
Ce qu’il fait, et ce qu’il ne fait pas
L’aciclovir bloque la réplication du virus pendant la durée du traitement. Il raccourcit la poussée, en atténue l’intensité et réduit le risque de complications.
Il n’élimine pas le virus. Après une primo-infection, les virus du groupe herpès se réfugient dans les ganglions nerveux, où ils demeurent à vie sous forme latente, hors de portée de tout traitement actuel. Aucune cure, aussi prolongée soit-elle, ne les en délogera. Ce que le traitement peut offrir est le contrôle des poussées et, en prise continue, une réduction importante de leur fréquence.
Deux virus, plusieurs situations
L’aciclovir est actif sur les virus herpes simplex, responsables de l’herpès labial et génital, et sur le virus varicelle-zona, agent de la varicelle puis, lors de sa réactivation des décennies plus tard, du zona. Son activité est moindre sur ce second virus, ce qui explique les posologies plus élevées employées dans le zona.
