Qu’est-ce que Zovirax ?
Zovirax est le nom commercial historique de l’aciclovir, antiviral actif sur les virus du groupe herpès. La molécule et son mécanisme sont détaillés sur notre page consacrée à l’aciclovir ; celle-ci porte sur ce qui distingue ses différentes formes.
Cinq formes, cinq situations
Le point utile à retenir : sous un même nom coexistent des présentations dont le statut, l’efficacité attendue et le degré d’urgence n’ont rien de comparable.
| Forme | Situation | Statut en France |
|---|---|---|
| Crème dermique | Herpès labial, le bouton de fièvre | Accessible sans ordonnance, avec conseil du pharmacien |
| Pommade ophtalmique | Kératite herpétique | Sur prescription, après examen ophtalmologique |
| Comprimé | Herpès génital, zona, traitement suppressif | Sur prescription |
| Suspension buvable | Enfant, difficultés de déglutition | Sur prescription |
| Perfusion | Formes graves, immunodépression, encéphalite herpétique | Usage hospitalier |
La crème : ce qu’elle apporte réellement
C’est la forme la plus achetée et celle dont les attentes sont les plus décalées. Une mise au point honnête s’impose.
La peau constitue une barrière efficace, et l’aciclovir la traverse mal. Les concentrations atteintes au niveau des cellules infectées restent donc modestes. Les données disponibles montrent un bénéfice réel mais limité : la poussée est raccourcie de moins d’une journée en moyenne, à condition que l’application débute très tôt.
Ce bénéfice n’est pas nul, et il peut compter pour une personne gênée par des récurrences fréquentes. Mais il ne fait pas disparaître la lésion, ne l’empêche pas d’apparaître si l’application est tardive, et ne réduit pas la contagiosité.
Le moment de l’application décide de tout
Corollaire direct. Une récurrence herpétique est annoncée par des prodromes — picotements, brûlure, tension locale — quelques heures avant l’apparition des vésicules. C’est à ce moment précis que la réplication virale démarre, et donc le seul où un antiviral local a une chance d’agir.
Appliquée une fois les vésicules constituées, la crème n’a pratiquement plus rien à bloquer. Cette fenêtre étroite explique la déception fréquente et justifie de disposer du tube à l’avance plutôt que de l’acheter une fois la lésion visible.
La forme ophtalmique relève d’un autre registre
L’atteinte herpétique de la cornée constitue l’une des premières causes infectieuses de cécité cornéenne dans les pays développés. Elle impose un diagnostic ophtalmologique et un traitement adapté : un œil rouge, douloureux, larmoyant ou avec baisse de vision ne se traite jamais seul.
Une erreur y est particulièrement lourde de conséquences : l’usage de collyres contenant un corticoïde, parfois disponibles dans une armoire à pharmacie, aggrave massivement une kératite herpétique et peut conduire à une perforation.
