Qu’est-ce que Zyvox ?
Zyvox contient du linézolide, premier représentant d’une classe d’antibiotiques apparue à la fin des années 1990 : les oxazolidinones. Il est délivré sur prescription médicale et sa prescription est encadrée, ce médicament étant réservé aux infections à bactéries à Gram positif résistantes aux traitements habituels.
Un mécanisme sans équivalent
Le linézolide bloque la synthèse des protéines bactériennes, comme plusieurs autres familles d’antibiotiques — mais à une étape différente. Il se fixe sur la grande sous-unité du ribosome bactérien et empêche l’assemblage du complexe d’initiation, c’est-à-dire le tout début de la fabrication d’une protéine.
Cette originalité a une conséquence pratique majeure : il n’existe pas de résistance croisée avec les autres classes. Une bactérie devenue insensible aux bêtalactamines, aux macrolides ou à la vancomycine reste généralement sensible au linézolide. C’est ce qui en fait un recours dans les impasses thérapeutiques.
Une absorption orale remarquable
Le linézolide est absorbé presque intégralement par voie orale : sa biodisponibilité avoisine cent pour cent. La dose est donc identique par comprimé et par perfusion, et le passage de l’une à l’autre se fait sans ajustement.
Cette propriété, rare parmi les antibiotiques réservés aux infections sévères, permet de poursuivre à domicile un traitement débuté à l’hôpital et de raccourcir la durée d’hospitalisation.
L’origine commune de ses effets indésirables
Le point le plus éclairant de sa pharmacologie. Les mitochondries, ces structures qui produisent l’énergie de nos cellules, descendent de bactéries anciennes et ont conservé leurs propres ribosomes — proches de ceux des bactéries.
Le linézolide, en inhibant les ribosomes bactériens, inhibe donc aussi partiellement les ribosomes mitochondriaux humains. Cette action explique d’un seul tenant trois de ses toxicités : l’atteinte des cellules sanguines, la souffrance des nerfs périphériques et optiques, et l’accumulation d’acide lactique.
Elle explique aussi pourquoi ces effets dépendent de la durée : il faut du temps pour que le déficit mitochondrial se traduise cliniquement. C’est la raison des limites strictes encadrant ce traitement.
Un antibiotique qui inhibe aussi la monoamine oxydase
Propriété inattendue et sans rapport avec son action antibactérienne : le linézolide inhibe de façon réversible la monoamine oxydase, l’enzyme qui dégrade la sérotonine, la noradrénaline et la tyramine.
Il partage donc les interactions et les précautions alimentaires d’une classe d’antidépresseurs anciens — sujet développé plus bas, et l’un des points les plus importants à connaître avant la première prise.
